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Région du Nord : L’AFDR apporte du secours d’urgence aux personnes déplacées

LEFASO.NET

mardi 11 juin 2019

Du fait des attaques terroristes, de nombreux déplacés internes ont élu domicile dans la région du Nord. Du 16 au 22 mai 2019, l’Association Formation Développement Ruralité (AFDR) basée à Ouahigouya, en synergie avec son partenaire canadien - le projet Œuvre Léger - et des services de l’Action sociale, leur a rendu visite, aux fins de leur apporter du secours humanitaire d’urgence.

Région du Nord : L’AFDR apporte du secours d’urgence aux personnes déplacées

Les déplacés internes de la région du Nord sont venus essentiellement des communes de la province du Yatenga, pour échapper aux attaques terroristes. Confrontées à de multiples difficultés, plusieurs familles déplacées n’ont d’autre choix que de solliciter l’aide de leurs proches, amis ou familles d’accueil. Aux bonnes volontés, des cris de cœur sont émis, pour leur venir aussi en aide.

En réaction à leurs cris, le projet Innovation et mobilisation pour la sécurité alimentaire (IMSA) de l’AFDR, appuyé par le projet Œuvre Léger du Canada, son partenaire officiel, a planifié des opérations de secours humanitaire d’urgence à leur endroit.
C’est ainsi qu’une équipe d’animateurs de l’AFDR a procédé, du 16 au 22 mai 2019, au recensement de ces déplacés, venus essentiellement de Kaïn dans la zone d’intervention du projet, afin de leur apporter l’aide d’urgence.

SOS pour ces personnes en détresse

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M. Ive Sawadogo Coordonnateur du Projet IMSA à l’AFDR

Selon Ives Vital Sawadogo, anthropologue de formation, coordonnateur du projet IMSA à l’AFDR, « les recensements effectués par les animateurs ont permis d’enregistrer plus de 1 000 ménages vulnérables répartis dans 252 familles d’accueil dans les villages de Pella, Douma, Nodin, Sonh, Sim (communes de la province du Yatenga) venus de la zone d’intervention du projet. Nous avons donc décidé de voler à leur secours, à travers le renforcement de leurs capacités productives, un apport en alimentation saine et la mise en place d’activités génératrices de revenus financés à coût de 21 millions de francs CFA avec l’appui du partenaire canadien Œuvre Léger.

Pour mener à bien ce travail, le projet AFDR a accru sa capacité organisationnelle ainsi que celle des bénéficiaires, en termes de transparence, de résilience et d’efficience dans la conduite de l’opération. Dans la mesure du possible, le projet accompagnera aussi les familles d’accueil de certains déplacés, pour qu’elles puissent tenir le coup un tant soit peu.

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Ouédraogo Azèta. Ressortissante de Nioubara à Kaïn trouvée refuge à Sohn

Dans l’exécution de l’opération, l’accent est mis sur l’assistance alimentaire (une alimentation saine, en quantité et en qualité), sur la disponibilité en eau potable, sur la réinsertion scolaire des enfants déscolarisés, sur le renforcement des capacités des moyens de résilience des familles d’accueil, sur la promotion des activités porteuses de revenus et sur la dotation en semences et en intrants pour leur permettre de mener des activités agricoles en cette saison pluvieuse.

L’opération prend en compte aussi bien les hommes que les femmes et leurs enfants, mais beaucoup plus les femmes, pour leur éviter le chemin de l’oisiveté. Les ménages victimes de vol de bétail ou de perte d’importantes sommes d’argent suite au pillage des assaillants, recevront un accompagnement pour qu’ils puissent relancer leurs activités économiques et pastorales ».

Conscient que l’AFDR à elle seule ne saurait résoudre les problèmes auxquels ces déplacés sont confrontés, le coordonnateur du projet invite les populations, surtout les partenaires financiers, à se mobiliser pour la cause de ces personnes qui, du reste, « sont nos frères et sœurs et méritent aussi de vivre, car victimes de cet hydre d’insécurité ».

Des témoignages poignants

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Ouédraogo Salifou. Ressortissant de Nioubara trouvée refuge à Sohn

Salifou Ouédraogo, 57 ans, époux de deux femmes et père de quinze enfants, ressortissant de Nioubara, un village situé à 6 km de Kaïn, témoigne : « Nous avons fui Nioubara suite aux attaques sans précédent à Kaïn-Ouro qui ont plongé les populations dans le désarroi, pour trouver refuge à Sonh. Notre nombre est estimé à 112 déplacés et la famille d’accueil, considérant toujours l’esprit de solidarité, de fraternité et d’hospitalité, nous a accueillis avec ses moyens de bord.

Les choses ont dégénéré et nous déplorons beaucoup de dégâts matériels et financiers (plus de 150 têtes d’animaux disparues et une importante somme d’argent) suite à la persécution des assaillants occasionnant la débandade totale. La gravité de la situation nous a poussés à prendre nos jambes au coup en laissant tout (les animaux, nos activités économiques et champêtres...).

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Une équipe des animateurs en plein recensement des PDI dans le village de Sonh

Beaucoup de personnes ont été victimes et sont parties s’installer ailleurs. Cette recrudescence des attaques des terroristes nous a incités à prendre d’assaut le village de Sonh, à Oula. Tout en espérant que ce recensement que l’AFDR est en train de mener sera fructueux et apportera une satisfaction à nos attentes dans les prochains jours, vu les multiples et multiformes situations que nous traversons actuellement. Alors, nous saluons à sa juste valeur cette initiative de l’AFDR et de ses partenaires, pour leur compassion au profit des personnes déplacées ».

Autre récit, celui de Azèta Ouédraogo : « Nous vivons une situation exécrable et de psychose. Nous avons abandonné ces lieux, pour des raisons d’insécurité. C’était le sauve-qui-peut ! Compte tenu de cette situation cruciale, aucune école ne fonctionne, alors que nos enfants étaient scolarisés et d’autres étaient en classe d’examen.

Nos préoccupations sont nombreuses (l’hébergement, la nourriture, l’eau potable, les soins sanitaires, la reprise de nos activités économiques et agro-pastorales), car nous exerçons pour la plupart ces activités pour subvenir à nos besoins. Mais, nous avons tout abandonné et nous nous sommes cherchés. Car il faut bien vivre d’abord avant d’espérer. Toute aide quelconque sera la bienvenue car nous ne savons plus à quel saint nous vouer et nous avons foi que l’AFDR nous apportera satisfaction après le recensement ».

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Zallé Aminata représentante d’une famille d’accueil à Sonh

Aminata Zallé, deuxième responsable d’une famille d’accueil à Sonh dans la commune d’Oula, salue l’initiative de l’AFDR : « Ces personnes déplacées ont besoin de soutien car elles vivent dans la détresse. La famille d’accueil est présentement submergée par le nombre des arrivants. Nos moyens sont limités alors que les préoccupations sont nombreuses (manque criard de logement, de nourriture, d’eau potable, etc.).

À cela s’ajoute l’oisiveté car les personnes déplacées manquent d’activités à exercer pour subvenir à leurs besoins. Nous avons tous le regard tourné vers les personnes de bonne volonté pour qu’elles nous aident à sortir de l’ornière. L’initiative de l’AFDR et de ses partenaires est un exemple que nous saluons et nous restons confiants ».

Rasmané Kiéma, animateur à l’AFDR trouve que « les opérations de recensement des personnes déplacées internes se sont bien déroulées dans les localités concernées, malgré quelques difficultés rencontrées sur le terrain. Nous osons croire que les actions qui seront menées par la suite seront à la hauteur des attentes ».

Par Ihmane S. Mohamed

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